
Un constat
Chômage des jeunes sans qualification, individualisme et sentiments d’isolement, replis identitaires et racisme, violences en tous genres, envers soi, les autres et son environnement, problèmes de logement, dégradation du cadre de vie, inégalités...
Si les formes de ces difficultés ont revêtu des couleurs et des saveurs différentes au fil du temps, il n'en reste pas moins vrai que les traits fondamentaux sont restés les mêmes.
Face à ce constat, nous pourrions continuer à faire abstraction des causes et nous satisfaire d'un "agir" sur les symptômes.
Mais qui pourraient continuer à valider cet état de fait. Le travail social ne peut pas qu'être "la voiture balai" d'une économie aveugle et soumise aux seules lois du profit. Le travail de prévention ne peut pas être cantonné à une logique de maintien de la paix sociale en tout cas pas au prix d'’injustices. Le travail social vise à l'émancipation des personnes, à leur participation citoyenne à la vie de leur cité, à l' émergence d'une pensée critique, à l'amélioration de la qualité des liens, à la production d'actions collectives et innovantes. Il doit permettre la création de nouvelles manières de vivre ensemble. Le travail qui nous anime doit aussi permettre la production de pensées nouvelles et génératrices de nouveaux rapports sociaux. En tout état de cause, il s'agit de mettre tous nos efforts dans la lutte contre les injustices quelles qu’elles soient.
A y réfléchir de plus près, lorsqu'on parle du système, il est clair que celui lié à l'économie semble avoir tout phagocyté.
En effet, la prédominance de "l'économisme" dans ce qui constitue tous les pans de notre vie sociale, nous amène à intérioriser une seule voie au détriment d'autre manière de concevoir nos nécessaires échanges. Nous en connaissons certaines conséquences et ressentons que quelque chose ne tourne pas rond :
un esprit de compétition exacerbé où la coopération, lorsqu'elle existe, n'est que cantonnée à des alliances pour faire des profits,
une consommation effrénée qui met plus l'accent sur le bien acquis et les apparences que sur la qualité des relations humaines et qui participe à la destruction de l'environnement.
un rapport au temps lui aussi destructeur de relations avec les autres
une violence dans toutes les strates de la société.
C'est sans nul doute dans l'équilibre entre toutes les formes d'échanges (économie de marché, redistribution des richesses et économie non monétaire) que nous réaliserons une vie collective respectueuse de tous et de la nature.